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Statut bailleur privé exemple : simulation d’investissement locatif avec le dispositif Jeanbrun

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Statut bailleur privé : des exemples concrets pour comprendre le mécanisme

Le statut de bailleur privé, instauré par la loi de finances 2026 et couramment appelé dispositif Jeanbrun, repose sur un mécanisme d’amortissement fiscal qui peut sembler abstrait au premier abord. Pour bien appréhender son fonctionnement et mesurer l’intérêt réel de ce dispositif, rien ne vaut des exemples chiffrés. Cet article propose trois simulations détaillées correspondant à des profils d’investisseurs différents : un jeune couple primo-investisseur, un cadre supérieur et un investisseur expérimenté dans l’ancien.

Exemple 1 : jeune couple investissant dans le neuf en loyer intermédiaire

Profil et acquisition

Julien et Léa, 32 et 30 ans, TMI à 30 %, acquièrent un T2 neuf de 45 m² en VEFA dans une métropole régionale pour 180 000 €. Ils financent l’opération par un prêt de 160 000 € sur 25 ans à 3,3 %, avec un apport de 20 000 €. Ils choisissent le loyer intermédiaire (plafond fixé 15 % en dessous du marché).

Calcul de l’amortissement

Base amortissable : 80 % de 180 000 € = 144 000 €. Taux d’amortissement annuel (neuf, loyer intermédiaire) : 3,5 %. Déduction annuelle : 144 000 € × 3,5 % = 5 040 €. Plafond applicable : 8 000 € → la déduction de 5 040 € est dans la limite.

Bilan fiscal annuel (année 1)

Loyers perçus : 550 € × 12 = 6 600 €. Charges déductibles : amortissement (5 040 €) + intérêts d’emprunt (environ 5 100 €) + taxe foncière (1 000 €) + assurance PNO (200 €) + frais de gestion (400 €) = 11 740 €. Résultat foncier : 6 600 € – 11 740 € = – 5 140 € (déficit foncier). Ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €. Économie d’impôt : 5 140 € × 30 % = 1 542 € + économie de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers neutralisés.

Exemple 2 : cadre supérieur investissant dans le neuf en loyer social

Profil et acquisition

Antoine, célibataire, TMI à 41 %, acquiert un T3 neuf de 65 m² pour 250 000 € en VEFA. Emprunt de 220 000 € sur 20 ans à 3,4 %. Il opte pour le loyer social (30 % en dessous du marché) afin de maximiser son amortissement.

Calcul de l’amortissement

Base amortissable : 80 % de 250 000 € = 200 000 €. Taux (neuf, loyer social) : 4,5 %. Déduction annuelle : 200 000 € × 4,5 % = 9 000 €. Plafond applicable : 10 000 € → la déduction de 9 000 € est dans la limite.

Bilan fiscal annuel (année 1)

Loyers perçus : 650 € × 12 = 7 800 €. Charges déductibles totales : environ 17 200 € (amortissement 9 000 € + intérêts 7 000 € + taxe foncière 1 200 €). Déficit foncier : – 9 400 €, imputable intégralement sur le revenu global. Économie d’impôt : 9 400 € × 41 % = 3 854 €, plus l’économie liée à la neutralisation des revenus fonciers imposables. L’effort d’épargne net après avantage fiscal est considérablement réduit.

Exemple 3 : investissement dans l’ancien rénové en loyer très social

Profil et acquisition

Marie et Pierre, TMI à 41 %, acquièrent un appartement ancien de 80 m² dans un immeuble collectif pour 130 000 €. Ils engagent 70 000 € de travaux de rénovation lourde (54 % du prix, bien au-dessus du seuil de 30 %). Les travaux font passer le bien d’un DPE F à un DPE A. Ils choisissent le loyer très social.

Calcul de l’amortissement

Base amortissable : 80 % de 200 000 € = 160 000 €. Taux (ancien rénové, loyer très social) : 4 %. Déduction annuelle : 160 000 € × 4 % = 6 400 €. Plafond applicable dans l’ancien : 10 700 €.

Le déficit foncier renforcé

Grâce aux travaux de rénovation énergétique permettant un saut de classe DPE (F → A), Marie et Pierre peuvent imputer un déficit foncier sur leur revenu global jusqu’à 21 400 € par an. Les premières années, le déficit généré par l’amortissement, les intérêts d’emprunt et les travaux restants sera très élevé. Économie d’impôt potentielle : supérieure à 8 000 € la première année pour un TMI à 41 %.

Comparaison avec le Pinel : ce que montrent les chiffres

Avec le Pinel, Antoine (exemple 2) aurait bénéficié d’une réduction d’impôt forfaitaire d’environ 5 250 € par an sur 9 ans (10,5 % × 250 000 € / 5 ans en dernière version dégradée). Avec le statut de bailleur privé, son avantage fiscal réel dépasse 3 854 € en impôt direct, mais s’y ajoutent l’économie de prélèvements sociaux et l’impact du déficit foncier sur le revenu global. Pour les TMI élevés, le dispositif Jeanbrun est clairement plus avantageux que le Pinel ne l’était dans sa dernière version.

Les points de vigilance dans les simulations

Chaque simulation doit intégrer la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente, l’évolution possible des charges (taxe foncière, copropriété), le risque de vacance locative, le coût total du crédit et l’impact de l’inflation sur les loyers plafonnés. Les professionnels formés au statut de bailleur privé sont les mieux placés pour réaliser ces projections complètes.

Comment réaliser sa propre simulation

Pour établir une simulation fiable du statut de bailleur privé, plusieurs éléments sont indispensables. Il faut d’abord déterminer le prix d’acquisition et estimer la part du terrain (forfaitairement 20 %). Ensuite, identifier le niveau de loyer visé (intermédiaire, social ou très social) pour appliquer le bon taux d’amortissement. Le plan de financement complet (montant emprunté, taux, durée) est nécessaire pour calculer les intérêts d’emprunt déductibles. Les charges récurrentes (taxe foncière, assurance, frais de gestion, charges de copropriété) doivent être estimées de manière réaliste. Enfin, le TMI actuel et projeté de l’investisseur détermine l’économie d’impôt réelle.

Un bon simulateur intègre aussi la projection à la revente, en tenant compte de la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value, de l’abattement pour durée de détention et de l’évolution estimée de la valeur du bien. Sans cette projection complète, l’investisseur risque d’être surpris au moment de la cession.

Formera propose une formation dispositif Jeanbrun incluant des cas pratiques et des outils de simulation pour accompagner vos clients avec précision.

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